3 janvier 2008

Logements collectifs et maisons individuelles à énergie positive pour 2012 !

Actualités Développement durable Solutions techniques

Avec une consommation moyenne annuelle d’énergie primaire de 240 kWh/m², le logement constitue une des clefs pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. Au travers des diverses règlementations thermiques, la France prévoyait un renforcement des performances énergétiques de 15% tous les cinq ans. Depuis le Grenelle de l’environnement, les objectifs devraient être considérablement renforcés… allant jusqu’à promouvoir les logements à énergie positive !


Avant le Grenelle de l’environnement, la réglementation française prévoyait un renforcement des performances énergétiques de 15% tous les cinq ans. Depuis ce calendrier a été bousculé : l’objectif proposé est désormais un passage anticipé au niveau THPE (Très Haute Performance Energétique), soit la référence réglementaire actuelle moins 20% dès 2010, avec un tiers des constructions en basse consommation.

Par ailleurs la généralisation des logements neufs à basse consommation (50 kWhep/m².an) est prévue dès 2012, et, en 2020, celle de logements à énergie passive ou positive.
Il faut rappeler qu’en France le bâtiment est le secteur le plus consommateur d’énergie avec 42,5% de l’énergie finale totale, soit 23% des émissions nationales.

Mieux ! Avec une consommation moyenne annuelle d’énergie primaire de 240 kWh/m², le logement constitue une des clefs permettant de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050.

La RT2005 (JO du 25-05-2006), qui s’applique à toute demande de permis de construire depuis le 1er septembre 2006, exige une performance énergétique globale de tout bâtiment neuf supérieure de 15% à celle requise auparavant par la RT2000, ainsi qu’une température intérieure d’été maximale. Les principes de base restent les mêmes : le projet de construction est comparé à un projet de référence et, pour éviter les dérives, des valeurs garde-fous ou exigences minimales doivent être respectées.

Dernier-né, le « Contrôle de l’état des installations intérieures de gaz » est obligatoire pour toute installation de plus de quinze ans d’une puissance inférieure à 70 kW. A noter que ce diagnostic gaz n’est pas exigé si l’installation a été modifiée et possède un certificat de conformité de moins de trois ans. Attention, le diagnostic gaz ne consiste pas à contrôler la conformité de l’installation, mais uniquement à évaluer les risques pouvant porter atteinte à la santé et à la sécurité des personnes. Sa durée de validité est de trois ans.

L’obligation de résultat se substitue à la réglementation des moyens

La maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre restent libres quant aux moyens, avec des possibilités de compensation entre les différents postes. Alors que la RT2000 limitait, en résidentiel, la compensation entre isolation et équipements à 30%, la RT2005 réduit celle-ci à 25% pour les immeubles collectifs et à 20% en maison individuelle.

Mais surtout, la RT2005 valorise davantage qu’auparavant la conception bioclimatique, tant pour les consommations d’énergie que pour le confort d’été, en prenant concrètement en compte l’orientation des baies, l’inertie, le facteur solaire, le facteur de jour (éclairage naturel), la possibilité de surventilation l’été et l’eau chaude sanitaire solaire (2 m² de capteurs en maison individuelle, 1 m² par appartement chauffé à l’électricité en immeuble collectif).

Pour être considéré réglementaire, le projet d’une maison ou d’immeuble neuf doit présenter un coefficient de consommation conventionnelle d’énergie (C) égal ou inférieur à celui de référence (Créf). Le projet doit également avoir une température estivale intérieure conventionnelle (Tic) égale ou inférieure à celle de référence (Ticréf). Les calculs réglementaires sont réalisés au moyen de logiciels intégrant la méthode de calcul mise au point par le CSTB, qui tient compte des zones climatiques.

Les constructeurs de maisons individuelles peuvent se dispenser des calculs, en s’appuyant sur les solutions techniques. Le niveau de qualité de chaque solution technique apporte un certain nombre de points, le constructeur doit s’assurer que son projet totalise le nombre de points nécessaire pour que la maison soit considérée comme réglementaire (en cours de parution).

Afin de faciliter les contrôles, la RT2005 a instauré la conception d’une fiche de synthèse thermique, qui servira par ailleurs au diagnostic de performance énergétique (DPE). En cas de recours aux solutions techniques, le constructeur doit remplir un tableau précisant les produits et équipements prescrits et le nombre de points obtenus.

RT2005 : de nouveaux critères pour de nouvelles performances

Les caractéristiques de l’enveloppe de l’immeuble ou de la maison sont déterminées par les règles Th-Bât, qui prennent en considération l’inertie thermique (règles Th-I), le facteur solaire (règles Th-S) et les caractéristiques thermiques utiles des parois (règles Th-U). Ces dernières concernent les déperditions (Ubât), les matériaux, les parois vitrées, les parois opaques et les ponts thermiques.

Les règles Th-CE comprennent à la fois le calcul réglementaire des consommations d’énergie (C) et de la température intérieure en été (E). Les consommations d’énergie, exprimées en kWh/m² d’énergie primaire (Cep), sont celles liées au chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire et éclairage. La surface prise en compte est la surface de plancher hors-œuvre nette (Shon). Les coefficients sont calculés annuellement en adoptant des données climatiques conventionnelles pour chaque zone climatique.

La RT2005 distingue les bâtiments pour lesquels une climatisation n’est pas nécessaire (CE1), et ceux pour lesquels une climatisation est autorisée (CE2) : zone de bruit important, zone climatique très chaude, usage (hôpitaux) …. Pour les bâtiments classés CE1, la consommation de référence est celle d’un bâtiment sans climatisation ; si on installe une climatisation, les consommations doivent être compensées par des économies d’énergie par ailleurs. Pour les bâtiments classés CE2, la consommation de référence comprend alors les consommations de climatisation. Les bâtiments résidentiels sont considérés de catégorie CE1, sauf ceux situés en zone de bruit BR2 et BR3 et/ou en zone climatique H2d ou H3 en dessous de 400 mètres.

Pour les bâtiments d’habitation, à l’exception de ceux utilisant le bois comme énergie, la RT2005 introduit une limite de consommation maximale exprimée en énergie primaire pour les consommations de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude sanitaire : le Coefficient maximal (Cepmax). Celui-ci diffère selon l’énergie utilisée et la zone climatique : il va de 130 en zone H1 à 80 en zone H3 pour des combustibles fossiles… et, dans le cas de chauffage électrique, de 250 en zone H1 à 130 en zone H3.

Cinq labels pour valoriser des performances supérieures à la réglementation

Enfin, le dispositif de la RT2005 est complété par des Labels, dont le contenu et les conditions d’attribution sont définis dans un arrêté du 8 mai 2007. Les maîtres d’ouvrages et promoteurs peuvent ainsi valider et valoriser des résultats encore plus performants que ceux fixés par la réglementation.

Le label « Haute Performance Energétique » (HPE) comporte désormais cinq niveaux :

1. Le label HPE 2005 : consommation d’énergie au moins inférieure de 10% à la consommation de référence.

2. Le label THPE 2005 : consommation d’énergie au moins inférieure de 20% à la consommation de référence.

3. Le label HPE EnR 2005 : consommation d’énergie au moins inférieure de 10% à la consommation de référence et utilisant une énergie renouvelable pour couvrir partiellement les besoins en chauffage.

4. Le label THPE EnR 2005 : consommation d’énergie au moins inférieure de 30% à la consommation de référence et utilisant pour la production de chauffage et/ou d’eau chaude sanitaire, totalement ou partiellement, une énergie renouvelable, une pompe à chaleur ou un réseau de chaleur alimenté par des énergies renouvelables.

5. Le label BBC (Bâtiment Basse Consommation) pour les constructions dont la consommation est égale ou inférieure à 50 kWh/an.m².

Ces labels permettent de faire évoluer les solutions techniques et d’expérimenter de nouvelles technologies. Rappelons que le Grenelle de l’Environnement prévoit la généralisation du label THPE en 2010.

Pour obtenir le label BBC-Effinergie, les logements neufs, cible de ce dossier, doivent obtenir une consommation énergétique globale inférieure à 50 kWh/an.m², niveau pondéré selon l’altitude et la zone climatique, soit entre 40 et 75 kWh/an.m².

Il prend en compte les mêmes usages que la RT2005 mais des informations complémentaires sont à fournir, telles que les consommations par usage, les émissions de CO2, la part des énergies renouvelables, ainsi qu’un dossier technique reprenant les caractéristiques permettant de garantir la performance du projet.

La délivrance du label BBC est assurée sous la responsabilité de l’association Effinergie, créée pour promouvoir la construction et la rénovation à très basse consommation énergétique en France. Le label Effinergie tient compte des spécificités françaises en terme de réglementations, zones climatiques, modes de construction…, et il ouvre droit à des avantages, tels que la réduction de la taxe foncière, l’extension du COS, les aides pour les énergies renouvelables.

Dès 2010, basse consommation pour un tiers des constructions

La RT2010 devrait donc augmenter à nouveau les exigences non pas de 15% comme prévu mais de 20%. Réaliser des bâtiments THPE en construction neuve ne génère pas de véritable révolution dans les solutions à mettre en œuvre. Il s’agit avant tout de combiner harmonieusement et intelligemment des choix de conception et des techniques et technologies particulièrement performantes, de manière à limiter les déperditions et les besoins énergétiques.

On devrait voir se multiplier puis se généraliser l’isolation par l’extérieur, les double et triple vitrage argon, la ventilation double-flux avec récupération d’énergie, la chaudière à condensation, la pompe à chaleur, les énergies renouvelables pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la production d’électricité, les lampes basse consommation et les ballasts électroniques… Le confort d’été devrait être assuré, surtout dans le résidentiel, sans système de climatisation, en ayant recours aux protections solaires extérieures fixes et mobiles, à l’inertie, à la ventilation naturelle traversante, à un puits canadien, à une surventilation nocturne, à une toiture végétalisée, aux arbres à feuilles caduques.


Thèmes : Développement durable | Solutions techniques

Partagez cet article :
Inscription à la newsletter Inscrivez votre adresse e-mail pour recevoir
1 fois par semaine notre newsletter Voir un exemple
Je m'inscris

Configuration requise
Windows

PC de type (Pentium II, 300 Mhz, 600 Mhz recommandé), 64 Mo de Ram (128 Mo recommandé), Windows 98/NT/ME/2000/XP/Vista/Seven, 36 Mo d’espace disque disponible, lecteur CD-Rom 4x, affichage 65 536 couleurs minimum.

Mac

PowerMac 533 Mhz (733 Mhz recommandé), 256 Mo de RAM (512 Mo recommandé), Mac OS X 10.2, 36 Mo d’espace disque disponible, lecteur CD-Rom 12x, affichage 65 536 couleurs minimum.